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Congrès Annuel de la SFT - Paris, 25-26 novembre 2010
Toxicologie liée à l'environnement

LA TOXICOVIGILANCE

Dr Alain BAERT, Praticien Hospitalier, Unité de Toxicovigilance

Centre Antipoison, CHU de Rennes.


La toxicovigilance s'intègre pleinement dans la démarche active de santé publique, dans l'idéal en coordination avec les autres vigilances (ex pharmacovigilance, matériovigilance, hémovigilance, ). Elle souffre dès le début de sa mise en place d'une absence de définition consensuelle et de faibles moyens. Fortement associée depuis une trentaine d'années aux unités hospitalières de toxicologie clinique que constituent les centres antipoison, la structuration de la toxicovigilance est lente et très imparfaite. L'Inspection Générale des Affaires Sanitaires et Sociale aura ce commentaire terrible «  Des organisations successives ont fait de la toxicovigilance un domaine d'expérimentation administrative depuis près de 20 ans marqué par la création de multiples structures aux rôles et moyens souvent mal définis et de surcroît souvent mort-nés ». Elle dispose cependant d'atouts indéniables : une banque nationale de composition opérationnelle, une banque nationale de cas riche, diversifiée, informatisée, une volonté constante de la communauté des toxicologues cliniciens. Elle manque probablement de lisibilité, de définitions conceptuelles comme une méthode commune d'imputabilité. Elle pâtit probablement de la constante mauvaise habitude du monde de la santé de peu déclarer les informations qu'il possède. La loi HPST récente a prévu l'obligation pour les professionnels de santé (et les organismes mentionnés à l'article R. 1341-22) de déclarer toute information relative aux cas d'intoxications aiguës ou chroniques et aux effets toxiques potentiels ou avérés résultant de produits ou de substances naturels ou de synthèse ou de situations de pollution. Il appartiendra aux centres de toxicovigilance de procéder à l'expertise, l'enregistrement et l'exploitation de ces informations scientifiques et statistiques à des fin d'avis aux autorités de la santé, d'information du Haut Comité de Santé Publique, et de coopération avec l'Institut de Veille Sanitaire. Ces procédures d'évaluation du risque sont associées à la constitution d'un réseau d'experts pour les situations d'urgences. Des décrets sont attendus pour préciser les missions et les moyens attribués aux centres de toxicovigilance qui seront organisés en deux échelons, un local et un central. Quoiqu'il en soit, avec ou sans textes réglementaires satisfaisants, la toxicovigilance en France existe depuis plusieurs années, travaille et capitalise des informations validées. Elle a à son actif des réalisations concrètes que nous illustrerons, ce qui ne peut que rendre optimiste pour l'avenir.