Programme

33ème Congrès annuel de la SFT - Montpellier, 25-26 octobre 2007
Alertes toxicologiques
Excipients, Adjuvants, Additifs, Impuretés



Coumarine et cannelle :
un risque nouvellement identifié pour la plus ancienne des épices

Martine Kolf-Clauw

École Nationale Vétérinaire, Toulouse


La coumarine, substance aromatique (1,2 benzopyranne ; CAS 91-64-5), a des usages en cosmétologie et, jusqu'à récemment, en thérapeutique. Elle est présente naturellement dans divers végétaux, par exemple l'aspérule, le mélilot, le haricot de tonka, ou encore la cannelle (particulièrement la « casse », cinnamon cassia ). La coumarine dans l'alimentation est réglementée par la Directive 88/388/CEE sur les arômes (CEE, 1988), qui fixe des concentrations maximales dans les aliments tels que consommés (2 mg/kg, sauf quelques exceptions). La coumarine a été évaluée à deux reprises par le SCF (1994 et 1999), conduisant à considérer comme possible l'hépatotoxicité chez l'homme traité par la coumarine, et à demander de nouvelles études de génotoxicité in vivo , compte-tenu des potentialités cancérogènes. Dans un avis de 2004, l'EFSA considère l'absence de génotoxicité, et établit une DJA de 0,1 mg/kg/j. L'exposition théorique maximale d'un homme adulte peut être estimée à 1.5 mg/jour pour la voie alimentaire. L'exposition totale comprend aussi 2,3 mg/jour pour la voie dermale liée à l'usage en cosmétologie (Lake,1999) : la dose maximale totale estimée de 3.8 mg/jour est donc inférieure à la DJA totale de 6 mg (homme de 60 kg).

Récemment en Allemagne, de fortes concentrations de coumarine dans des produits de biscuiterie à la cannelle et dans de la poudre de cannelle (respectivement quelques dizaines de mg/kg pour les biscuits et quelques g/kg pour la poudre) ont démontré l'utilisation de cinnamon cassia , ou fausse cannelle, provenant de Chine et d'Indonésie, et non de la cannelle de Ceylan utilisée par les ménages. Ces alertes ont conduit le BfR (Bundesinstitut für Risikobewertung) à calculer l'exposition, avec divers scénarios. Les enfants ont été identifiés comme forts consommateurs potentiels.

Diverses mesures de gestion du risque ont été prises et sont en cours de discussion. Cette alerte survient dans le contexte de révision de la Directive « Arômes », alors que la coumarine ne figurait pas dans le projet de la nouvelle annexe.